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Un geste aux impacts multiples

Jérémie-Victor Lagacé à sa première comparution il y a 19 mois

Un geste aux impacts multiples

2 avril 2019

Avant-midi haut en émotion au palais de justice de New Carlisle.

 

            C’était les représentations sur la peine qu’encourt Jérémie Viktor Lagacé,  L’homme a admis, jeudi, avoir tué Fabrice Thierry Durand le 22 août 2017, près des chutes à picot, à Saint-André.

 

            Première à prendre la parole, Ludivine Marcoux est venue témoigner à la cour des effets de ce geste fatidique sur sa vie.  Depuis que son conjoint s’est fait tuer juste à ses côtés, la jeune dame soutient ne plus avoir l’esprit tranquille. Elle fait des crises d’angoisse, doit prendre antidépresseurs et anxiolytiques et peut difficilement se retrouver dans les boisés, elle qui revenait d’une randonnée à la chute avec son amoureux lorsque Jérémie Viktor Lagacé a visé et atteint son copain à la tête.  Les deux venaient de visiter une multitude de parcs nationaux aux États-Unis dans un voyage de plusieurs semaines qui allait s’achever après ce détour aux fins inattendues en Gaspésie, il y a maintenant presque 2 ans.

 

            Avec aplomb mais non sans émotion, devant Lagacé la tête baissée, Ludivine Marcoux a aussi relaté au juge Guy Deblois qu’à leur retour en France, Fabrice Durand et elle voulaient s’installer dans une nouvelle maison et avoir des enfants.  La sœur de Fabrice Durand, par écrit, a soutenu avoir peine à se remettre de la mort de son frère, maintenant seule à pouvoir soutenir leurs parents.  Son bébé ne serait jamais bercé par son parrain, a-t-elle ajouté.

 

            Devant son fils devenu un peu plus recroquevillé dans le box des accusés,  Étienne Lagacé a raconté ensuite les circonstances de l’adoption du garçon, en Russie, alors qu’il était âgé de 3 ans.  Il avait été retiré de son foyer à 3 mois, lorsqu’il a été trouvé nu dans ses excréments en compagnie d’un homme ivre.  Une fois au Québec, ses parents apprendront que la mère biologique s’était fait enlever ses enfants à 3 reprises et que leur fils était atteint d’alcoolisme fœtal.  C’est à l’adolescence que les troubles ont pris de l’ampleur mais les parents adoptifs ont toujours dû se battre, a ajouté Étienne Lagacé, pour avoir de l’aide afin de contrer le manque de discernement de leur fils.  Surnommé le Russe, il était  ostracisé à l’école et dans le voisinage.

 

            La mère de Jérémie Viktor Lagacé a témoigné par écrit.  Un coup de foudre lorsqu’elle l’a pris dans ses bras la première fois, a-t-elle mentionné.  Dans la salle d'audience, l’émotion a atteint un sommet lorsque l’avocate de la défense, Catherine Mercier, a lu la promesse faite par la mère qu’elle ferait tout pour aider son fils  lorsqu’il serait de nouveau à ses côtés.  Ludivine Marcoux a dû sortir de la salle.

 

            Étienne Lagacé dit se sentir coupable de ce qui arrive même si l’amour pour son fils demeure inconditionnel.  Par sa mère, Fabrice Durand a été décrit comme un rayon de soleil qui avait hâte, en préparant son voyage, d’aller découvrir les animaux et la nature.

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