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Carleton-sur-Mer plaide sa non-responsabilité

Palais de justice Photo: archives

Carleton-sur-Mer plaide sa non-responsabilité

24 janvier 2019

Poursuivie en justice, la Ville de Carleton-sur-Mer plaide qu’elle n’a pas failli à ses responsabilités lorsqu’un jeune s’est infligé de graves blessures il y a 8 ans, en participant à une sortie de groupe à la mer.

 

            C’était le début des plaidoiries, hier, dans la requête déposée par Marc-Antoine Essiambre et sa famille pour obtenir dédommagement auprès de la Ville, Écovoile Baie-des-Chaleurs et l’organisateur de l’activité, Justice Alternative Gaspésie-Sud.

 

            Le 26 août 2010 au matin, Marc-Antoine Essiambre avance jusqu’à mi-cuisse puis enfile dans l’eau, bras devant.  Sa tête heurte un obstacle, une roche selon lui, probablement invisible en raison du couvert nuageux.  L’accident survient dans le plan d’eau devant le club nautique exploité par Écovoile Baie-des-Chaleurs.  Le résident de Carleton est aujourd’hui paraplégique.

 

Marc-Antoine Essiambre, lors des audiences qui ont duré deux semaines, en novembre dernier à New Carlisle.  Photo: Julie Drapeau

 

            Dans son plaidoyer, hier, la procureure de la Ville, Marie Legault, a fait valoir que le jeune de 16 ans a été «téméraire» en sautant dans l’eau «tête première».  L’avocat du demandeur, Marc Boulanger, soutient que le geste était commun et normal.

 

            L’avocate de la Ville plaide aussi que Marc-Antoine Essiambre participait à une sortie kayak et non de baignade, ce qui ne l’a pas empêché de retirer ses vêtements et de sauter à l’eau, enfreignant la consigne de patienter avant que d’autres instructions ne soient dictées au groupe.  L’avocat du jeune soutient, en contrepartie, que personne ne doit se surprendre que des adolescents laissés seuls au bord de la mer pendant plusieurs minutes risquent de se jeter à l’eau.  C’est là que Justice alternative et Écovoile auraient également manqué à leur tâche, selon lui. 

 

            La Ville plaide qu’en aucun moyen, il ne serait possible de nettoyer le fond de l’eau car ce type d’obstacles naturels peut passer sous le radar des équipements, «ce qui donnerait un faux sentiment de sécurité», aux yeux de son avocate.  Le demandeur prétend qu’en faisant la promotion touristique de cette plage, la Ville a l’obligation d’assurer la sécurité des utilisateurs.  Il n’y a plus de sauveteur ni de zone de baignade depuis de nombreuses années à cet endroit. 

Les plaidoiries se poursuivent aujourd’hui.

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