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Réal Savoie reconnaît sa culpabilité pour le meurtre de Sonia Raymond

Céline Raymond, au sortir de la salle de cour cet après-midi

Réal Savoie reconnaît sa culpabilité pour le meurtre de Sonia Raymond

3 mai 2017

La famille de Sonia Raymond est soulagée par le plaidoyer de culpabilité qu’a enregistré Réal Savoie, cet après-midi, au palais de justice de New Carlisle, au terme d’un important rebondissement.

Impassible, l'homme de 54 ans de St-Omer a reconnu, vers 15 :30 aujourd'hui, avoir tué Sonia Raymond le 27 juillet 1996, sur la plage de Maria. Le début de cette journée au tribunal avait été marqué par le dépôt, par la défense, d’une requête de type Corbett, qui visait à ce que Réal Savoie ne soit pas questionné sur ses antécédents judiciaires, lors du témoignage qu’il s’apprêtait à faire, ce à quoi le juge avait consenti partiellement.

Après la pause du dîner, le témoignage de l’accusé, attendu par une salle comble, n’a pas eu lieu, les parties demandant de s’entretenir de nouveau en privé. La rumeur d’un plaidoyer de culpabilité commençait à circuler dans les corridors pendant les nombreuses minutes d’attente. Depuis le midi, certains membres de la famille de Sonia Raymond étaient au fait également de cette éventualité.


Au sortir de la salle de cour, Céline Raymond, la sœur de la victime, s’est dite très heureuse de ce revirement.  

Ce plaidoyer, 20 ans après les faits, mènera de nouveau Réal Savoie derrière les barreaux, lui qui a été reconnu coupable à 3 reprises de crime à caractère sexuel par le passé.

Également présent dans la salle d’audience, le conjoint de la victime au moment des faits, Marco Normandeau, a déclaré être très satisfait de ce revirement surprise.

Or, Réal Savoie a reconnu sa culpabilité pour des accusations de meurtre sans préméditation, admettant par le fait même, avoir posé des gestes violents volontaires qui ont causé la mort de Sonia Raymond.

 

Marcel Guérin, avocat de La Défense 

Son avocat, Marcel Guérin, explique que dans le cas d’un verdict de culpabilité à une accusation de meurtre au second degré, l'homme pourra s’adresser à la commission de libération conditionnelle au minimum dans 10 ans plutôt que 25 ans s’il avait reçu un verdict pour meurtre avec préméditation :



Les avocats de la poursuite, Florence Frappier-Routhier et Éric Morin jugent satisfaisante la décision de l'accusé.  Il reste, par contre, l'étape des représentations sur la peine que devra purger Réal Savoie  :

Les représentations sur la peine auront lieu vendredi matin.

Les procureurs représentant le ministère public, Éric Morin et Florence Frappier-Routhier Photo: Gilles Gagné 

La poursuite fera entendre des membres de la famille pour qu’ils expliquent l’impact que le meurtre a eu sur leur vie.

Par ailleurs, le juge a aussi ordonné un arrêt des procédures sur les 2 autres charges : agression sexuelle et séquestration, avec l’accord de la Couronne.

Juste avant, Louis Dionne s’est assuré aussi que l’accusé comprenait bien les conséquences de ce plaidoyer de culpabilité en demandant à celui qui devenait officiellement le meurtrier de Sonia Raymond, toujours impassible, s’il avait pris sa décision librement et volontairement, et ainsi sans promesse ni contrainte de la défense. Ce à quoi il a répondu «oui». 


Devenant l’unique responsable du verdict, le juge a dissout le jury en signifiant aux membres qu’il tenait à les remercier «pour la patience dont (ils ont) fait preuve dans cette affaire pleine de rebondissements» a-t-il noté en ajoutant : «Vous n’aurez pas la chance d’aller au bout de l’exercice, mais vous avez tous répondu présents malgré les péripéties, c’est pourquoi vous pouvez en être fiers.» Retour

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