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Couillard, guidé par la peur, selon Normandeau

7 septembre 2016

Se disant victime d’une guerre menée par l’UPAC, l’ex-ministre libérale Nathalie Normandeau, accusée de fraude et de corruption, a déclaré que le premier ministre Philippe Couillard est guidé par la peur.

Pour sa première émission sur les ondes de BLVD FM, à Lévis, Nathalie Normandeau a rompu tous ses liens avec la Parti libéral du Québec (PLQ).

En direct sur les ondes, mardi, l’ex-ministre a détruit sa carte de membre de la formation politique, dont elle a porté les couleurs à l’Assemblée nationale de 1998 à 2011, pour protester contre le boycott dont elle est l’objet de la part du gouvernement.

«Je vais faciliter la vie de Philippe Couillard comme chef du PLQ, a-t-elle dit. J’ai décidé de découper ma carte du PLQ.» La Presse canadienne a rapporté lundi que le PLQ avait décidé, cinq jours après son arrestation en mars, de maintenir son statut de membre.

Pour la première fois depuis cette arrestation par l’Unité permanente anticorruption (UPAC), Nathalie Normandeau a commenté les poursuites dont elle est l’objet, avec six coaccusés. «Je n’ai pas commis d’infraction criminelle, je n’ai pas commis d’acte criminel, je n’ai pas fait ce que la poursuite me reproche, a-t-elle dit. La poursuite s’est trompée.»

Nathalie Normandeau a accusé l’UPAC de l’avoir ciblée délibérément dans le cadre de l’enquête qui a mené au dépôt des accusations contre elle. «L’UPAC m’a déclaré la guerre, mais moi aujourd’hui, je vous le dis, je suis prête pour le combat», a-t-elle dit.

Sans s’expliquer davantage, elle a également laissé entendre que des personnes, qu’elle n’a pas identifiées, ont décidé de lui nuire. «Il y en a qui ont voulu me briser, il y en a qui ont voulu me détruire, a-t-elle dit. Mais aujourd’hui j’aimerais leur dire qu’ils ne réussiront pas.» Selon l'animatrice de radio, Philippe Couillard a fait une erreur lorsqu’il a réagi aux arrestations en affirmant qu’elles témoignaient d’une époque révolue depuis son élection comme chef, en 2013.

«C’est comme si Philippe Couillard essayait de nier, de mettre sous le tapis tout ce qui s’est passé avant qu’il devienne chef du PLQ, a-t-elle dit. Il ne faut pas oublier que Philippe Couillard a fait partie du gouvernement où j’étais et où il était ministre de la Santé.»

L’ex-ministre a soutenu que la consigne donnée aux ministres de boycotter son émission était décevante de la part du premier ministre. «Je trouve que Philippe Couillard est beaucoup guidé par la peur présentement, a-t-elle dit. Tout ce qu’il a commis comme geste à mon endroit en témoigne éloquemment.»

Pour riposter, Mme Normandeau a annoncé qu’elle fermait la porte de son émission à tous les élus de l’Assemblée nationale. En août, en plus des libéraux, le Parti québécois, Québec solidaire et la Coalition avenir Québec avaient annoncé qu’ils boycotteraient son émission. 

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